
1. (adverbe) Selon les termes exacts. Reproduire un discours verbatim.
2. (nom masculin) Compte rendu écrit fournissant le mot à mot d’une déclaration, d’un débat oral1.
Verbatim 1
J’ai fermé les yeux une minute
Et l’araignée m’a hurlé dessus
J’ai vécu au Moyen Âge
Tu comprends ça ???
— Elle va se calmer elle ?
Je ne sais pas aller vers les gens moi
Ce siècle où les parents parlent aux enfants
Ils m’offraient des trucs mais ils me parlaient pas
Tu as besoin de tes parents
Qu’ils te disent
Béa, tu as fais ça c’est bien ma chérie
Ce siècle nouveau où les parents parlent aux enfants
Je rêvais qu’ils me parlent
Mon rêve c’était que mes parents me parlent
Que ma mère me parle
C’était mon rêve
Je voulais juste que ma grand-mère
me parle
Même pas mimi avec moi
Moi j’étais sa petite-fille
Elle aurait dû me faire des câlins
J’ai pas fait exprès d’être comme je suis
Je suis comme on m’a faite
C’est-à-dire seule
Seule au monde
Recueilli par Zoé Théval, Nantes, terrasse d’un café, une femme qui parle si fort qu’on lui demande de se taire, janvier 2020.
Verbatim 2
Demain je vais aller mourir
Y a pas grand chose dans la vie, y a rien
Surtout ta mère, ton père
Sa mère, son père
C’est un homme
Un homme zéro
Je vais descendre je vais mourir
Je vais descendre à Père-Lachaise
Recueilli par Zoé Théval, Paris, métro ligne 2, un homme, qui a l’air ivre, doit descendre au cimetière, mars 2024.
Verbatim 3
Elle pourrait lui apprendre tous les mots qui terminent par E, par exemple heureux, au lieu d’un E qui tombe du ciel là, mêlé à d’autres mots qui viennent d’on ne sait où !
C’est pour ça que je lui apprends l’origine des mots, l’étymologie. Par exemple Petite, ça vient de pititous, là ça l’a fait rigoler, heureusement !
Mais cette nuit j’avais envie d’étrangler la maîtresse là, tellement elle leur fait des dictées de mots qui n’ont aucun lien !
On les bourre de mots, les pititous, c’est n’importe quoi !
C’était resté enroulé dans ma tête. Et vous ? Est-ce que ça va rester dans votre tête, les gros mots ?
Moi j’suis venue pour les coups d’boules hein ! Pas pour les Ainsi font font font les petites marionnettes là !
*
Tu sais y a des gens qui ne soutiennent pas la Palestine !
Ben moi je défends la Palestine car c’est un nom de fille !
*
[Un ramoneur, tout en ramonant, au sujet des élections]
Comment peut-on faire confiance à un homme qui tient debout par habitude ?
Recueillis par Charles Pennequin, Cleden-Cap-Sizun en Bretagne, dialogues entre une mère et sa fille ou de la femme seule ou du ramoneur pour son unique phrase, 2023.
Verbatim 4
Qu’est-ce que tu dirais d’une ellipse sur une arrivée ?
Boulogne-Billancourt, un homme à un autre homme dans la rue, septembre 1996.
*
Les gens,
ça me rend fou,
c’est de l’abus !
C’est toujours les mêmes, des acheteurs,
ça me rend fou…
ils ont leur résidence sur le dos de l’État,
ça me rend fou !
Ce jour là, il y avait une personne
pour un retrait,
j’t’assure… Je pense qu’on aurait une consommation commune pour beaucoup de gens. Tous les milieux. Partout…
Et après…
Y a des types assez douteux…
on peut pas le prouver…
Oui : on voit jamais personne dedans…
Ils semblent douteux. Mais on peut pas prouver que…
Là, ils n’ont pas beaucoup de moyens.
Si bien que des cas nous demandent un réseau qui a produit le feu avant l’assurance criminelle.
Mais ça,
ça peut s’prouver…
Même dans un contexte d’amalgame.
Bures-sur-Yvette, bistrot, dialogue entre un assureur et une femme entre la poire et le fromage, janvier 2025.
*
— Ta gueule !
— Salope !
— Connard !
— Ferme ta gueule !
— Connard !
— Salope !
Paris, une femme criant toute seule dans la rue, octobre 2024.
Recueillis par Virginie Lalucq.
Verbatim 5
On commence à jouer au loto
Et c’est la Rome qui nourrit les oiseaux avec ses miettes
Porte de Choisy, un homme à une terrasse de café, 2023.
*
dehors tout est fermé
comme vous
c’est triste à dire
si y’en a qui m’comprennent
il fait froid dehors
je suis une femme qui dort dans la rue
un ticket
pour là où je n’irai pas ?
ou quelque chose pour qu’j’me réchauffe un peu
dehors tout est fermé,
comme vous et c’est triste à dire
j’ai épuisé toutes les ressources de mes paroles
alors
si y’en a qui me comprennent
Dans le métro parisien, une femme qui mendie, 2024.
*
Je voulais une maison de prière pour toutes les nations
Mais vous en avez fait une caverne de voleur
Il n’y a que des hôtels
Il n’y a pas de monastères
Ma maison sera une maison de prière pour toutes les nations
Porte de Choisy, un « prêtre » vociférant, 2023.
Recueillis par Zoé Théval.
Cet onglet (participatif) du groupe volodia permet d’accueillir et de partager des paroles entendues sous la forme de verbatim mis en poème ou caviardé. Souvent des paroles marmonnées, hurlées, prononcées par des inconnu.e.s (ou pas) et qui ont un « quelque-chose », un « je ne sais quoi ».
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