Hiver-printemps 2024 (fragments) | Olga Theuriet

Rarement le travail de l’écriture nous apparaît comme chez Olga Theuriet. À une distance lointaine du travail salarié, bien connu de l’auteure, longtemps éprouvé, et puis quitté. Mais à une distance aussi du besoin de bâtir une œuvre qui nous prolonge dans le monde et y pose nos empreintes.

Cette fois, écrire est plutôt une façon de vivre avec la lumière. Engagement de toute une personne allant au-dehors chaque jour, éprouvant un temps à ne rien faire, rien qui nous attend, rien de ce que nous devrions faire. Et une fois rentrée, qui ne compte que sur ses pieds et ses mains pour transmettre les passages du temps perçu comme une brillance, passant à la fois sur nous et au-delà de nous. Bien au loin.

Prêter attention à ces passages, afin de les coucher, de les suspendre ou de les allonger, est peut-être ce qui lie, dans ce travail, l’écriture et la couture. Défaire le vêtement, le déplier, nous montrer son étendue réelle, possible, et comme il fut transité, de la même façon que le texte fait sentir une respiration des jours où le Je s’étend et puis s’en va. Apprenons de cette écriture qui s’en tient au rythme de son état, un rythme propre, apprenons de cette attention qui renouvelle toujours la promesse d’une rencontre.